Les Chroniques, les Aigus… Et les Autres, tous les autres

 »-. Le nouveau venu reste une bonne minute à considérer attentivement la disposition des lieux. D’un côté de la pièce, les malades les plus jeunes, ceux que l’on dénomme les Aigus, parce que les médecins ne les estiment pas encore assez atteints pour être immobilisés. Les Aigus remuent beaucoup.

50x60cm « Foufou », poème Mawé, galerie Chemins de spiritualité

L’autre côté de la salle est réservé aux rebuts du Système, les Chroniques. Ceux-là, ce n’est pas seulement pour les mettre hors d’état de nuire qu’ils sont à l’hôpital. C’est pour les empêcher d’aller et venir librement, car ils jetteraient alors le discrédit sur le Système dont ils sont le produit. De l’aveu même du personnel médical, les Chroniques sont ici pour de bon. On les divise en trois catégories, les Circulants, comme moi, qui sont encore capables de se déplacer si on les nourrit, les Brouettes et les Légumes. Les Chroniques, la plupart d’entre eux, tout du moins, ne sont ni plus ni moins que des machines présentant des malfaçons irréparables, des vices de constitution ou des fêlures qui sont venues de ce que, pendant des années, le type s’est jeté la tête la première contre les obstacles. De sorte que, lorsque l’hôpital l’a découvert, il pourrissait dans quelque terrain vague. Mais on compte aussi parmi les Chroniques des victimes d’anciennes erreurs de l’hôpital. » Ken Kesey (Vol au-dessus d’un nid de coucou)

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