La messe du dimanche

 »-. Ce dimanche, dans l’église du bourg, les fidèles sont nombreux. Ils piétinent les dalles fraîches qui sont aussi les couvercles de vénérables tombeaux, comme l’indiquent tout juste encore d’antiques inscriptions en latin, mangées d’usure. Le silence grave provoque de rapides toux. Dignement, le prêtre fait son respectueux va-et-vient devant l’autel sobrement éclairé. Un rayon de ☀️ vêtu d’arc-en-ciel par les vitraux multicolores est comme un signe divin, qui ajoute à la grandeur de Dieu.

Les hommes se tiennent tous du même côté, la tête haute, et ne savent que faire de leurs ✋ pesantes, plus habituées au manche de l’outil qu’à l’inaction. Chaque fois qu’il frappe le sol avec sa grande canne noire au bout recouvert, comme un doigt, d’un dé de cuivre écrasé par l’usage, le sacristain jette des hésitations dans leurs mouvements. Les femmes, plus nombreuses, paraissent mieux à leur aise. Les unes remuent les lèvres sur de patientes implorations. Les autres se reposent des sournoises fatigues de chez elles. Car, si la femme ne fait que le gros œuvre, elle travaille sans répit, d’un labeur d’usure que l’homme méconnaît.’‘ Claude Seignolle (Marie la Louve)

2 réflexions sur “La messe du dimanche

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s