La jonque chinoise

 »-. C’était au début de l’année 1902. Une jonque, trop inclinée d’un côté, glissait paresseusement. Elle remontait l’immensité jaune de la rivière Ta Hoang, et s’ornait d’une figure de proue quelque peu inattendue en la personne d’un prêtre catholique de taille moyenne, chaussons aux pieds et casque colonial en tête, déjà fort mal en point. Las de dix nuits passées dans l’étroit réduit gratifié du nom de cabine dans l’entrepôt, et avide d’une bouffée d’air pur, il s’était frayé un passage vers l’avant, à travers la masse homogène des passagers, ouvriers de ferme, vanniers, bandits et pêcheurs, soldats et marchands, qui se rendaient à Tai Pan, pressés coude à coude, fumant, bavardant et cuisinant parmi les cages de canards et de pigeons, les cochons marqués, et une 🐐.

Malgré sa ferme résolution de ne pas faire le délicat, le bruit, le spectacle et les odeurs de ce dernier stade, apparemment interminable, de son voyage vers la Chine avait mis sa patience à rude épreuve. A la pensée qu’il atteindrait Pai Tan ce soir, il remerciait Dieu et Saint André. Vers le coucher du ☀️, une agitation plus intense saisit les passagers de la jonque, indice d’une arrivée imminente. Soulevé par un remous, après une courbe du fleuve, le ⛵ pénétrait dans une large baie boueuse, encombrée d’une flottille de sampans. » A. J. Cronin (Les clés du Royaume

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