Danse barbare

 »-. Marie Beaulieu attendait derrière le rideau de scène du grand théâtre de Lausanne pour la première de sa création intitulée Events for Ever. La jeune femme était épuisée par les séances de travail qu’elle s’imposait tout autant qu’elle les infligeait aux membres de sa troupe. Elle avait atteint ce point extatique auquel elle accédait chaque fois qu’elle remettait sa vie en jeu en dansant devant des milliers de personnes. Un fil rouge avait finalement guidé son œuvre, centrée sur une intériorité féminine, développant une énergie d’habitude réservée aux chorégraphes masculins et en particulier aux danseurs de hip-hop.

Le résultat était saisissant. Jamais Marie Beaulieu n’avait conçu et organisé un tel chaos, semblable affrontement où mort et naissance se faisaient sans cesse référence par un effet miroir. Dans l’Enfer, les corps apparaissaient comme on ne les avait jamais vus, tordus, couturés, bassins écartelés avec des écarts angulaires portant les tensions à leur paroxysme. Intimités éclatées par toutes les barbaries. Personnages écrasés par des charges invisibles et monstrueuses. Danseurs se réappropriant des déplacements originels inspirés du monde animal. Gestes taillés dans le vif aux scalpels de la douleur et de l’extase, sans déchet, sans rebut, sans fioriture. » Jean-Guy Soumy (Un 🔥 brûlait en elles)

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