La caravane passe

 »-. Le départ fut fixé, conformément à la règle, un jeudi, jour heureux. La caravane se composait d’une quarantaine de djemels, les chameaux du Tell, lourds animaux de bât. Le khebir et deux des hommes directement sous ses ordres montaient des méharas, bêtes de course capables de conduire leur cavalier sur cinq cents kilomètres en cinq jours, blanches, à l’allure de lévriers immenses, toujours silencieuses même blessées. Des éclaireurs, partant en reconnaissance, complétaient le dispositif, ainsi qu’un muezzin pour appeler à la prière.

Dans les grands sacs rayés de noir et de rouge portés par des chameaux goudronnés jusqu’aux jarrets, des aiguilles, du corail, de la verroterie, des cotonnades, des chapeaux de paille, du fer, des burnous, du papier de souffre, de benjoin, de la cannelle, destinés aux échanges avec le Soudan, la porte du grenier à chair, là où un esclave s’échange contre un burnous. Luce, à qui le khebir passa autour de la taille une ceinture très serrée ainsi qu’une autre sous les aisselles, escalada enfin la grande selle rouge au pommeau en forme de croix à la mode des Touaregs. Lorsque sa monture se releva, le monde oscillait. » Jean-Guy Soumy ( Le 🔥 brûlait en elles)

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