L’ermitage

 »-. Le Père Florida n’ignorait pas cet épicurisme hautain qui fait que toujours les esprits les plus épurés de la religion chrétienne comme des autres religions ont élu les plus beaux lieux du monde pour y abriter leur mépris et leur détachement. Donc, en dehors de la petite terrasse bien exiguë qui doublait de sa touffe de fleurs sa cellule du séminaire de La Paz, il jouissait dans la montagne d’un ermitage, qui était fort petit. Mais qui, perché sur un promontoire, dominait la cascade de vallées au milieu desquelles était suspendue La Paz.

50x70cm « Vibration de fleurs », vendu, Galerie Dites-le-avec des fleurs

L’essentiel de cet ermitage, c’était encore une terrasse, d’où l’on dominait un immense pays, toute la Bolivie, semblait-il. Et ce reposoir était encore plus chargé de fleurs que celui de La Paz. Là, le Père pouvait se livrer en toute violence à sa passion pour les fleurs. Là, il pouvait les humer, les inhaler, gorger son cerveau et son ❤️ de leur arôme. Là, il pouvait se soûler, se saturer tout à son aise. Et sans doute par l’abus atteindre au seul dégoût dont il eût besoin pour être tout à fait libre des liens de la terre. Restait l’ambition. Mais qu’est-ce, chez un homme de cette espèce, d’autre que le mouvement même de sa pensée dans le monde ? » Drieu la Rochelle (L’homme à 🐎)

2 réflexions sur “L’ermitage

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