Le village dans la Vallée

 »-. Le village était aussi, comme tous les autres, impossible à distinguer des centaines de hameaux éparpillés le long du fleuve, avec les mêmes 🏡 à murs de terre et toit de chaume. Et les mêmes paons jacassaient à la croisée des rues, les mêmes chacals rôdaient à la lisière des champs. Le Printemps commençait le fil de ses journées légères, seul moment de l’année où la lumière soit vierge de poussière, des heures où plus rien ne pèse, plus rien n’a d’épaisseur. Derrière les toits du village, au-delà des champs de blé et de fleurs de moutarde, les flancs déchiquetés des racines pouvaient enfin passer pour une éphémère fantaisie prête à s’abîmer dans les eaux du fleuve, là où vont se perdre, depuis que le monde est monde, les chimères des vivants et les cendres des morts.

Au fil de l’eau 60x80cm

On pourrait exagérer, comme beaucoup l’ont fait, la tranquillité de ce 14 février, raconter que dans leurs petits champs enserrés par les gorges, les paysans de Behmaï n’avaient jamais vu mûrir d’aussi riches moissons, jurer que leurs vaches n’avaient jamais donné autant de lait, et que le fleuve, en contrebas des falaises, n’avait jamais été aussi limpide. En réalité, il roule en toute saison des eaux turquoises un peu troubles. » Irène Frain Devi)

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