Le destin d’un petit Mexicain

 »-. Aux environs de Guadalajara, au Mexique, vivait, vers la fin du dix-neuvième siècle, une famille de paysans pauvres. Elle avait été mêlée aux grands bouleversements du siècle précédent et, ce qui est assez rare au Mexique, elle ne s’y était guère enrichie. Le grand-père s’était battu contre les Français, puis quand était venu le temps des désillusions il était rentré chez lui, dans l’anonymat. La famille était assez nombreuse. La malchance l’avait poursuivie. Un des fils avait monté une petite exploitation agricole, lorsqu’un de ces cyclones qui s’abattent de temps en temps sur le Mexique la détruisit de fond en comble. Il était redevenu ouvrier agricole, et la misère était revenue.

Le neveu de ce Mexicain accablé par les évènements était un petit garçon dont l’enfance me fait parfois penser à celle du héros d’un roman. Aussi doué, plus sombre, moins vif, peut-être plus obstiné, moins capable d’adaptation, le jeune Paco avait été remarqué par le curé de la paroisse. Dans le Mexique d’il y a cent ans, comme dans l’Italie de la Renaissance, l’ Église offrait une des voies les plus sûres de promotion sociale. Peut-être, plus tard, une fois curé, ou abbé, ou pourquoi pas évêque, Paco pourrait-il aider les siens, les payer des sacrifices consentis à sa vocation, et les sortir de la misère.’‘ Jean d’Ormesson (Le vent du soir)

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