Le Voyage en jonque

 »-. Il se déchaussa et laissa pendre ses pieds nus le long du bordage, la jonque construite comme une caisse glissait sur l’eau limpide. On devinait le fond à travers le voile céruléen froissé de vaguelettes, des ☁️ très blancs flottaient très haut, tourbillons de crème posés sur une tôle bleue. Le navire en bois volait sans effort, avec des grincements de fauteuil à bascule.

Autour d’eux les îlots rocheux sortaient brusquement de la baie, doigts pointés vers le ciel, avertissement envers lesquels le grand⛵ glissait sans encombre. La traversée fut paisible, le temps merveilleux, une brise de mer dissipait la chaleur. Ce furent les heures les plus délicieuses de son séjour en Indochine, heures sans crainte où il ne fit rien que regarder le fond à travers l’eau claire. Et voir défiler des îlots abrupts où s’accrochaient des 🌲 en déséquilibre. Assis sur le pont, les jambes passées dans les ajouts de la rambarde, il se sentait sur la véranda d’une 🏠 de bois, et le paysage défilait dessus, dessous, autour, pendant qu’en lui, enveloppé du grésillement délicat de l’huile chaude, venaient comme des caresses les merveilleux parfums de la cuisine qu’ils font. » Alexis Jenni (L’Art français de la guerre)

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