Le naufrage du Sagamor

 »-. L’eau noire lui arrive au menton. Elle n’a pas peur. Elle lui sourit courageusement. Il ne supporte plus de la regarder. Il se relève, appelle à l’aide à s’en rompre les cordes vocales, trébuchant et glissant sur le pont glissant. S’il trouvait quelqu’un, ils pourraient hisser Natacha à deux, la sauver. Mais il n’y a personne en vue. Il hurle, la voix rauque, la gorge en 🔥. Le seul bruit qu’il entend est celui de l’eau qui déferle et poursuit son invasion inexorable.

50x50cm « Fluctuat nec mergitur »

Dehors, sur le pont, la 🌙, indifférente au chaos, nimbe la scène du désastre d’une lumière argentée. Le ⛵ s’est rendu, totalement versé à tribord maintenant. Des hélicoptères tournoient dans le ciel, braquent leurs projecteurs sur le Sagamor. Il entend les hurlements des passagers en bas, dans l’eau, mais il n’a plus que Natacha à l’esprit, la sauver, veiller à ce qu’elle soit en sécurité. Combien de temps attend-il, il n’a aucune idée. Quand les hommes-grenouilles arrivent enfin, il les guide jusqu’au restaurant, désormais rempli d’eau. Et il comprend, horrifié, que le puits est inaccessible, noyé, et qu’il n’y a plus d’espoir. » Tatiana de Rosnay (À l’encre russe)

3 réflexions sur “Le naufrage du Sagamor

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