Point d’interrogation… à la russe

 »-. Le temps passait lentement. La pluie ricochait sur les vitres. Nicolas relisait les documents dans le dossier sur ses genoux. Le lien russe. Sa grand-mère Zinaïda Koltchine était née à Leningrad en 1945, son fils Fiodor en 1960. Il s’était attardé sur les dates, elle avait accouché à quinze ans, ce qui l’avait décontenancé. Lionel Duhamel, désormais pensionnaire du service de gériatrie d’un hôpital parisien, avait quinze ans de plus qu’elle.

40x40cm « Il était une fois en Russie« , galerie Bons Baisers de...

Madame Zinaïda Duhamel n’avait rien d’exotique. Rien de russe, d’un tant soit peu slave. Aucun accent. Pas de pommettes saillantes. Une bourgeoise cultivée et distinguée, fumant comme un pompier, qui tenait sa 🏠 d’une ✋ de fer et adorait les étés chics sur la Côte d’Azur. Il n’avait jamais été proche de sa grand-mère paternelle, lui préférant la chaleur maternelle de sa mamie belge. Nina Duhamel aimait qu’on l’appelle Mamita. Les yeux de Nicolas revinrent au dossier. Fiodor Koltchine, son père. Né d’un inconnu russe. L’arbre généalogique de sa famille, jusque-là fort conventionnelle, comportait dorénavant un point d’interrogation. » Tatiana de Rosnay (À l’encre russe)

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