Infidèle, moi ? Allons donc…

 »-. Elle lui jura qu’il se tourmentait sans raison, qu’elle l’aimait comme elle l’avait toujours aimé. Ces excuses, pourtant, ne valaient rien, mais Gustave, pourtant, parut s’en satisfaire. Cécilie, ce soir-là, souffrit horriblement. Ce que lui avait dit Gustave avec tant de douceur, l’éclaira sur des sentiments qu’elle n’avait pas eu le courage de s’avouer. Elle prit conscience de son amour pour Paul, elle fut épouvantée par la place qu’il occupait dans sa vie. Et, bien que son mari ne fut encore victime, dans sa pensée, que d’égarements sentimentaux, il lui inspira une pitié profonde dont elle ressentit l’importance et le pouvoir.

Elle avait envie de le consoler d’un malheur qu’il ignorait et, pour lui faire plaisir, elle mit son kimono et lui chanta La Japonaise. Ce ne fut, en dépit de ses efforts, qu’une comédie de la tristesse, une illustration, une reconstitution nostalgique d’un temps que les souvenirs rendaient désespéré. Les larmes qui brillaient à ses paupières élargissaient ses yeux et prêtaient à son regard une beauté céleste. -J’ai mal à la tête que j’ai perdue-, murmura-t-elle. Elle eut la vision des périls contenus dans ce qui l’attirait. Elle décida de résister à un entraînement qui n’était peut-être qu’un de ces caprices passionnés dont la violence est souvent désastreuse. » Louise de Vilmorin (La lettre dans le taxi)

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