Sous la verrière

 »-. Enfin la gare. A la queue leu leu, nous déambulons, sous d’immenses verrières où les sons s’étouffent en grinçant. Une lumière sale, une eau trouble, une sorte d’aquarium vide où s’agite un gros fretin. Parfois ma mère, qui marche en amazone intrépide, jette un coup d’œil en arrière, pour s’assurer que je suis là, que je ne me suis pas échappé… Mais non… Je trottine, ainsi que le porteur avec mon bagage.

50x70cm « Quai de gare« , galerie La meilleure façon d’habiter

Nous traversons des foules tendues, pressées, hargneuses, des troupes de gens aux faces fixes, aux yeux concentrés. Pauvres encombrés de marmaille et de colis. Hommes-cafards frénétiques de lassitude. Mémères apparemment égarées, mais autoritaires dans ce déballage. Fillettes, mioches hurlants, tous gras des tartines mangées en vitesse, sortant des poches d’ouvriers, sandwichs, valises en carton-pâte… Je n’aime pas la pauvreté. Parfois un monsieur ou une dame fleurant l’importance par la chaîne d’or d’une montre-oignon ou par un chapeau à cerises rouges. Des bourgeois trogneux et prospères. Une sorte de gentilhomme à guêtres suivi de son valet. Un curé rougeaud au ventre ensoutané. Je n’aime pas la richesse. » Lucien Bodard (Anne-Marie)

2 réflexions sur “Sous la verrière

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s