Bombardement

 ». Tout à l’extrémité, juste avant que le rempart borde le trottoir, et qu’en bas d’un escalier acrobatique une rampe se mette à grimper vers la place, le dernier café de la Grand Rue se situait sur la gauche. A droite, tribunal maritime et mur de l’arsenal avaient remplacé les 🏠. Ce café s’appelait Le Pont de Bordeaux. Sans y être jamais entré, j’avais de l’amitié pour lui. Car le patron ou la patronne avaient accroché au-dessus de la porte, et tant pis pour les vents et les pluies, un tableau peint formant enseigne.

Tranquillement figuratif, il représentait le pont de pierres, long et bas, aux arches plantureuses, qui m’était familier. Comme aux statues des calcaires, les ☀️ et les averses lui infligeaient des outrages, et un vieillissement qui accentuaient sa naïveté avec bonheur. Avait-il été transporté de Bordeaux à Brest ? Ou peint à Brest, pendant les soirs d’hiver, une carte postale pour modèle, par un Girondin cafardeux ? En 1942, je n’ai retrouvé ni mon vieux camarade le tableau, ni même le café Le Pont de Bordeaux, détruits par un bombardement aérien. Les guerres ressemblent aux bagarres. Les horions s’y trompent d’adresse. » Henri Queffellec (Les enfants de la mer)

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