Préjugés

 »-. Aureliano Romero annonça ses fiançailles avec Rosita Finkelstein dans une longue lettre à sa mère. La lettre est un petit chef-d’œuvre de littérature conformiste et traditionnelle dans le style de la Belle-Époque, avec les enjolivements propres au tempérament hispano-américain. Aureliano commence par protester de son attachement à sa mère et de son respect pour elle. Jamais il ne fera rien qui puisse la contrarier. Toujours il prendra les conseils et suivra les avis de la plus sage des inspiratrices.

Mais voilà que son bonheur et son avenir sont tout à coup en jeu. Il a déjà plusieurs fois parlé à sa mère de la jeune Rosita qui est belle et charmante. Elle a bien sûr le malheur de s’appeler Finkelstein. Son père, figure bien connue de la banque et des affaires américaines, est venu de Pologne. Il a fort bien réussi et il est à la tête d’une fortune qui, sans être considérable, est déjà importante. Il est juif. Aureliano sait que sa mère peut avoir à l’égard des Juifs des réserves et peut-être des préventions qu’il ne comprend que trop bien. Il la supplie en tout cas de ne pas se laisser entraîner par des préjugés… La mère est brésilienne et ardemment catholique. Rosita aussi est catholique, et pieuse. » Jean d’Ormesson (Le vent du soir)

50x50cm « Avec le coeur« , vendu, galerie Femmes, Femmes, Femmes

2 réflexions sur “Préjugés

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s