Quatorze juin quarante

‘-. Le troisième jour, les Allemands arrivèrent. C’était le quatorze juin quarante. Et ce quatorze juin quarante fut pour Adrienne un bien curieux quatorze juin. Levée, comme chaque jour que Dieu faisait depuis qu’elle était placée, à six heures sonnantes, et n’ayant à préparer ni l’oeuf mollet, ni les mouillettes et le café léger de Monsieur, ni le pamplemousse, le thé et les biscottes tartinées de miel de Madame, elle se força à déguster aussi lentement que possible ses deux grands bols de café au lait.

30x30cm « En mon salon confinée« , galerie La meilleure façon d’habiter

Après quoi, elle lava son bol et sa 🥄, les essuya et les rangea. Puis elle ouvrit toutes les persiennes, tira tous les rideaux. Il faisait beau. Et doux. Elle fit la poussière dans le salon, le petit boudoir de Madame et la salle à manger. Elle fit un peu de repassage, cousit cinq ou six boutons, fit briller quelques cuivres au chiffon de laine. Quand elle eut fait tout ça, il n’était encore que dix heures du matin. Et elle n’avait même pas de marché à faire ! Quelle angoisse ! » Remo Forlani (Pour l’amour de Finette)

2 réflexions sur “Quatorze juin quarante

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