Portes closes

 »-. Trois petites portes jaunes dans le mur blanc… Au-delà du coude de la ruelle, les viornes continuaient à mettre du vert et du noir parmi les pavés. Puis les trois petites portes parurent, se couchant presque et donnant, à ce qui aurait pu être singulier et terrible, l’aspect puéril d’une demeure de béguinage flamand. Mes pas sonnaient très clairs dans le silence.

Je frappai à la première des portes, seule la vie vaine de l’écho s’éveilla derrière elle. La ruelle s’allongeait de cinquante pas vers un nouveau coude. L’inconnu ne se découvrait qu’avec parcimonie, et ma part de découverte d’aujourd’hui n’était que de deux murs pauvrement blanchis au lait de chaux, et ces trois portes. Mais toute porte close n’est-elle pas en elle-même un mystère puissant ? Je frappai, de coups plus forts, le triple huis. Les échos partaient à grand bruits et bouleversaient, en confuses rumeurs, les silences tapis au fond de prodigieux corridors. Parfois, ils semblaient imiter des pas très légers, mais ce furent les seules réponses du monde enfermé. » Jean Ray (La ruelle ténébreuse)

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