Ruines

 »-. De la façade de la chaumière, il ne demeurait que les bases, à peine hautes d’un mètre cinquante. Des arbustes prospéraient au milieu de la salle commune, leurs racines plongeant à l’emplacement où se trouvaient jadis la table et le lit. Le lierre, opiniâtre, recouvrait tout. Seul l’angle nord de la bâtisse, peut-être plus solidement établi, s’élevait jusqu’à hauteur des poutres mangées par une aubépine. Un madrier de châtaignier noirci dont ni les flammes ni la pluie n’étaient venues à bout gisait par le travers. Sur le mur de refend des étables, la grande cheminée s’était écroulée, son linteau englouti dans une mer d’orties. Marianne chercha la trace d’un objet qui eût survécu à ce désastre. Ce qui n’avait pas été détruit avait été pillé.

L’écurie, contiguë, avait mieux résisté aux flammes et au temps. Le linteau de l’unique porte, frappé d’une croix swastika, tenait encore en équilibre sur ses appuis. Mais, des deux stalles qu’avait comptées l’étable, il ne demeurait rien. Marianne observait les ruines. Des paroles de sa mère lui revenaient par bribes, elle évoquait souvent le puits et son eau si fraîche. Il était toujours là, avec sa margelle de pierre et l’arceau de son treuil mangé par le lierre. Et même si le seau avait disparu ainsi que sa chaîne, l’eau ne semblait pas avoir déserté les lieux.’ Jean-Guy Soumy (Un 🔥 brûlait en elles)

 » Le puits », par Amélie, 12ans, technique des marqueurs à l’alcool

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