Le M’ Zée

 »-. Le M’ Zée, celui qui a la connaissance, Morodja l’aurait identifié entre mille ! De face, telles les béquilles d’un ⛵ monté au sec, ses défenses ancrées dans le sol immobilisaient sa haute tête. Tordu comme une potence, un acacia avait poussé en lisière. Par leur développement latéral, ses branches formaient une délicate ombrelle au-dessus du patriarche, comme si l’arche avait su qu’un jour un vénérable vieillard viendrait s’arrêter à son pied. En contre-pied, un voile de brillances granitiques recouvrait la tête du géant, et sur son dos, une dentelle de lumière ornait sa peau parcheminée.

60x60cm « Eléphantissimo« , vendu, galerie Bestiaire

L’ 🐘 venait de prendre son bain de sable. Planté au milieu de la piste, l’animal paraissait un bronze inébranlable. Seule sa trompe plissée, mouvante entre les ivoires, rappelait que la vie habitait ce monument. Sans déplacer la tête, le mastodonte tendit son organe terminé par deux doigts préhensibles vers un buisson couvert de fleurs. Comme une acheteuse devant un rayon de parfums, le M’Zée Mafunyane semblait hésiter. Il huma les corolles sans les cueillir. Le M’ Zée eût alors le geste émouvant d’un vieillard qui, fatigué au soir de sa vie, essuie une larme. » Christian Zuber (Le Roi des éléphants)

Une réflexion sur “Le M’ Zée

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