Le portrait d’un grand homme

 »-. Tout en dictant, il marchait de long en large dans la pièce, la tête haute, les ✋ derrière le dos et sans un regard, en effet, pour les fenêtres qui donnaient de belles vues sur l’océan. Il portait un haut-de-chausses, de hautes bottes qui lui couvraient le genou, et un pourpoint noir dont le seul ornement était une croix pectorale en or. C’est seulement à cette croix et à la petite calotte pourpre qui couvrait l’arrière de sa tête qu’on pouvait deviner à qui on avait affaire.

Comme à son ordinaire, le cardinal de Richelieu, des pieds à la tête, reluisait de propreté immaculée. Les contours de sa fine moustache et de sa courte barbe en pointe minutieusement rasés, le cheveu coiffé en arrière et retenu par sa calotte, et pas un poil ne passant l’autre, les ✋ blanches et manucurées, et le grand col qui serrait son cou, d’une blancheur éclatante. Pas une tache ni le moindre grain de poussière. Et pas l’ombre non plus sur ses hautes bottes. Les ennemis du cardinal, qui cultivaient à son endroit une haine qu’on ne peut imaginer, jusqu’à vouloir le faire assassiner, raillaient ses habitudes de propreté. Mais, pensai-je, qu’eussent-ils dit, si le cardinal avait été crasseux ? » Robert Merle ( La Gloire et les Périls)

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