La saison des pluies

 »-. Les pluies vinrent après une longue préparation. Les nuées ventrues comme des jonques de guerre s’accumulaient au-dessus de la mer de Chine. Les ☁️ balançaient lentement leurs flancs peints de noir laqué, ils avançaient comme de gros ⛵, ils n’étaient en dessous d’eux qu’une ombre épaisse. Les collines prenaient à leur passage des couleurs d’émeraude approfondie, verre liquide épais de plus en plus visqueux.

Les ☁️ lançaient des bordées de grondements, en se heurtant peut-être, ou pour semer la terreur à leur passage. Des roulements de gros 🥁 rebondissaient de val en val, plus forts, plus proches. Et un rideau de pluie tomba d’un seul coup, d’énormes masses d’eau tiède rebondirent sur les murs de bois tressé, glissèrent sur les toits de feuilles, ravinèrent le sol d’argile en mille ruisseaux rougeâtres qui filaient vers le bas. Dans une ouverture de la forêt, de grandes cases végétales poussaient sans ordre sur un sol maigre parsemé de feuilles mortes. En contrebas, les rizières en terrasses allaient jusqu’à un ruisseau entre de grosses pierres. La route coloniale passait le long du village, la rivière brune à trois jours de marche.’‘ Alexis Jenni (L’Art français de la guerre)

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