La petite fiancée

 »-. Et pourtant, Monsieur le comte, ma petite personne vous plaît si peu que vous m’avez renvoyée de mon emploi au nom de vos principes. -. Au diantre les principes ! La vérité, Perrette, je vais te la dire. Je n’ai pas voulu de toi comme chambrière parce que tu me plaisais trop-. Je vous plaisais trop, et pourquoi trop ? -. Parce que je craignais, si la chose se faisait, que tu ailles en caqueter à ta meilleure amie, laquelle l’eût répété à tous les domestiques. -. Je n’ai pas de meilleure amie que moi, et, même à moi, je ne me dis pas tout...-

-. C’est que tu as, toi aussi, quelques bonnes raisons d’être discrète ? -. Oui, Monsieur le comte, je suis fiancée à un matelot de Nantes.- . Aimes-tu ton fiancé ? –. Pour parler franc, assez peu, il est violent, boit plus que de raison, court la ribaude et sème ses écus. Cependant, comparé aux autres, il est assez brave. -. Pourquoi vas-tu l’épouser, si tu l’aimes si peu ?-. Qui aimerait, à mon âge, rester vieille fille ? Et quel choix a une fille qui est pauvre et si dépourvue qu’elle n’a que son devant à donner ? Mon mari, à tout le moins, ne me sera pas trop encombrant, il sera en mer un mois sur deux- » Robert Merle (La Gloire et les Périls)

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