A la cantine des assiégés

 »-. Quand, sur ordre de Sa Majesté, j’ai installé ma garnison à la Rochelle pour soutenir la ville, j’étais, pour les nourrir, bien garni en écus. Mais ce trésor s’assécha vite, du fait de la cherté des vivres, puis de leur rareté, enfin de leur pénurie. Le dernier boeuf que j’achetais pour mes troupes me coûta deux cent cinquante livres, et de boeuf, à ce jour, intra muros, vous n’en trouverez pas un seul. Pas plus, du reste, que de 🐎, et pas davantage que tous les animaux, grands ou petits, qui marchent à quatre pattes. Les 🐑, 🐕, 🐈, rats, 🐁, tout est mangé, et l’écuelle est vide ! -. Estimez-vous que vos soldats sont plus mal lotis que les Rochelais ?

47x37cm « Petit traité de cuisine selon Momo« , galerie La meilleure façon d’habiter

-. Assurément ! Et pour la raison qu’ils n’ont pas pour épouses les Rochelaises, race admirable de femmes, qui, pour nourrir leurs familles, a montré une activité et une ingéniosité confondantes. Tandis que les maris s’obstinaient à pêcher le dernier petit 🐟 laissé dans la dernière flaque à marée basse, elles cueillaient sur les terre-pleins des remparts des mauves et autres herbes qui, hachées, bouillies et sucrées (Dieu merci, il y avait encore dans la ville des réserves de cassonade) leur permettaient de faire une sorte de soupe. Mieux, même, elles parvinrent à faire du 🍞, ou plutôt ce qui ressemblait à du 🍞, à partir des racines de chardons.’‘ Robert Merle (La Gloire et les Périls)

4 réflexions sur “A la cantine des assiégés

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