Enfermé à la Bastille

 »-. Et vous aviez beaucoup de visiteuses ?-. J’aurais pu en avoir une par jour, le gentil sexe est si compatissant ! Je vous vois sourire, mon ami. Nenni ! Détrompez-vous, la plupart de ces visiteuses étaient innocentes et charitables. Elles m’apportaient des dragées, des massepains, du miel et même des toupies et des bilboquets. Seules quelques-unes dépassaient avec moi, comme le dit si joliment Saint Augustin, le seuil lumineux de l’amitié.

50x50cm « Les vitraux de la chapelle Sainte-Repentance »

Et moi, qui ai tiré tant de bonheur de leur tendresse, dois-je leur jeter la pierre ? Si au lieu d’avoir été leur amant j’étais leur confesseur, il me semble que j’aurais pour elles les plus grandes indulgences. Quoi de plus romantique qu’une cellule en haut de ce nid d’aigle, ces murs épais d’un demi-mètre, ces fenêtres barreautées, cette lourde porte de chêne, aspée de fer et fermée par d’énormes serrures, et ce judas si courtoisement fermé tout le temps que durait la visite ? Et comment une visiteuse ne se serait-elle pas sentie merveilleusement en sûreté en ce lieu clos, inaccessible et inviolable, à l’abri du regard d’un mari rechigné, ou des caquets perfides de la Cour ? » Robert Merle (La Gloire et les Périls)

2 réflexions sur “Enfermé à la Bastille

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