Le malade imaginaire

 »-. D’un geste automatique, fruit de ses années de pratique, l’infirmière voila l’éclat de sa torche en la masquant de la ✋, ce qui fit sourdre une lueur rougeâtre parsemée d’éclairs blancs entre les barreaux noirs de ses doigts. Elle se dirigea d’abord vers le lit de Nugget, sur qui elle dirigea le rayon de lumière tamisée à travers l’écran de la moustiquaire. Il dormait comme un enfant, à poings fermés, ce qui ne l’empêcherait pas le lendemain de déclarer n’avoir pas fermé l’oeil de la 🌃 . Quand Nugget n’était pas constipé, il avait la diarrhée. Si sa tête ne lui faisait pas mal, c’était son dos qui le torturait. Quand sa dermatose ne le couvrait pas de plaques rouges et sanguinolentes…

Jamais content s’il ne souffrait pas quelque douleur, réelle ou imaginaire. Il ne se séparait pas d’un vieux dictionnaire de médecine, tout corné et défraîchi, chamarré quelque part avant son arrivée au Pavillon X, et qu’il avait appris par ❤️, en comprenant tout, qui plus est. Tout à l’heure, elle s’était conduite envers lui avec patience, bonté et commisération, prête à discuter des symptômes, résignée à purger, oindre, administrer docilement le traitement-miracle qu’il s’était prescrit à lui-même. S’il l’avait jamais soupçonnée de ne lui dispenser que des placebos en lieu et place des pilules, mixtures et injections salvatrices, il s’était en tout cas abstenu de lui en faire reproche. Pauvre Nugget. Un enfant ! » Colleen MacCullough (Un autre nom pour l’amour)

2 réflexions sur “Le malade imaginaire

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