Spleen

 »-. À présent que la ville existe, et le temple, et le port, et les campagnes, je me surprends à éprouver des bouffées de nostalgie, chaque fois qu’un ⛵ entre dans le port, venant de ma Norvège, ou même de l’Islande lointaine. Les récits que les voyageurs colportent sur cette île sont contradictoires. Tantôt c’est un désert de glaces, qui provoquent en fondant des glissements et effondrements catastrophiques. Tantôt un pays de Cocagne où l’on se taille des domaines à sa mesure, où les 🐳 sont foison. Tantôt un royaume infernal, où la terre crache un 🔥 incontrôlable, qui brûle et ravage tout.

Ici, par contraste, la vie est facile. Pourtant, j’ai souvent le regret de mes clairs étés norvégiens où le ☀️ brille à minuit. Je manque d’horizons. Dans mon village natal, je contemplais le fjord sauvage et austère, tantôt vert, tantôt noir, tantôt violet, tantôt blanc, mauve aussi, et rose. Comment appeler cette maladie saisonnière qui me prend, et me donne envie, comme les hommes, de hisser les voiles ? comme lorsque adolescente, tête levée et tressaillant de désirs, je suivais les migrations d’oies sauvages. Toute frontière me blesse. Toute limite m’est un interdit. Une blessure. Je porte en moi une nature rebelle. À ma soif d’infini, il fallait autre chose qu’une destination, petite mort du voyage. Il fallait l’ailleurs. » Marie-Josèphe Guers (La fiancée du Nord)

2 réflexions sur “Spleen

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