D’une vie passée à PEINDRE, l’inventaire

 »-. Elle n’ignorait pas bien sûr qu’il lui incombait de mettre de l’ordre dans son oeuvre, brusquement interrompue par une maladie dont rien n’avait annoncé la brièveté, ni la violence. Mais elle ne savait en quoi consistait exactement cette tâche, ni même s’il y avait oeuvre. Que fallait-il faire de ces tableaux que la mort avait rendus indéchiffrable, comme invisibles ? Quel regard dissiperait la 🌃 dans laquelle ils étaient tombés, et reintroduirait un peu de clarté, ou de sens, autour d’eux ?

Volontiers, elle se serait déchargée de sa responsabilité sur des professionnels de l’art, qui se seraient penchés à sa place sur ces gravures et ces tableaux dont elle ne connaissait même pas le nombre exact, et qui n’avaient jamais été appréciés qu’à l’étranger. Mais elle cherchait vainement à se souvenir du nom de tel critique, de tel marchand, entendus ou vus autrefois, du temps où Franz et elle couraient les routes. Quelquefois, elle se rappelait un visage entrevu dans une galerie, au cours d’un vernissage à Londres, à Rome où Düsseldorf, qui se confondait avec d’autres dans le même découragement indifférencié. Et elle était bel et bien seule en face de ces travaux qui, en quelques semaines, en quelques jours, semblaient avoir perdu toute réalité, tout témoin et tout lieu. » Claire Bonnafé (Le guetteur immobile)

30x40cm « Mamzelle au musée », galerie Z’Artistes

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