L’adolescence

 »-. Je n’aimais pas le laisser seul, le soir. Non pas que je craignisse quelque chose, mais j’avais une bonne expérience de la solitude, de l’ombre, du silence, et, je ne sais pas, je trouvais qu’il était encore un peu jeune pour s’y frotter. Peut-être que je me trompais, mais je n’aimais pas ça. Avec toutes mes histoires, j’avais bien conscience de ne pas être le père idéal. Quelle image lui donnais-je de moi, sinon celle d’un type que sa femme avait quitté, que sa petite amie négligeait. Celle d’un écrivain raté qui planquait des bouteilles dans sa chambre, celle d’un type qui n’était déjà plus très jeune. –. Hermann , je t’aime, mais ça ne suffit pas pour faire de moi un saint-.

Que fabriquait-il lorsqu’il était seul ? Qu’est-ce que je fabriquais lorsque j’avais son âge ?Qu’était-ce au juste une 🏠 silencieuse et vide ?Comment était la nuit, avais-je peur ou froid. Ou bien est-ce que je m’en fichais, ou bien maudissais-je mon père et ma mère. Ou bien est-ce que je le frottais les ✋, est-ce que j’attendais ce moment avec impatience…? Je ne me rappelais plus de rien, je mélangeais tout, impossible de tomber pile sur mes quatorze ans. J’en avais presque trente de plus à présent, et ce n’était pas la porte à côté. -. Je vais m’installer devant la télé-, me dit-il. » Philippe Dijan (Échine)

2 réflexions sur “L’adolescence

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s