Propos de jouvencelle

 »-. À l’époque où on nous gratifie, je ne sais trop pourquoi, du sobriquet de jouvencelle, j’avais ressenti pour vous une étrange attirance, et j’étais persuadée que je ne pourrai trouver sur terre ami plus agréable. Je n’avais ni mère, ni frère, ni soeur. Quant à mon père, il s’intéressait beaucoup plus à un orvet conservé dans l’alcool qu’à sa fille.

30x40cm  » La couleur des sentiments », galerie Femmes, femmes, femmes

Or il faut bien que chacun, même une fille, ait de quoi occuper ses pensées et ce qui en découle. À l’époque, c’était vous. Mais, quand l’archéologie vous eût pris sous son aile tu étais devenu un personnage assommant qui n’avait plus d’yeux, du moins pour moi. Plus de 👅 et plus de mémoire pour se rappeler notre amitié d’autrefois. C’est sans doute la raison pour laquelle mon aspect extérieur changea, car, lorsque par hasard j’étais invitée quelque part en même temps que toi, cet hiver encore, tu ne me voyais pas, tu ne l’entendais pas. Pour toi, je n’étais plus que du vent. Et, avec tes mèches blondes que j’avais si souvent ébouriffées, tu avais l’air aussi ennuyeux et avare de mots qu’un cacatoès empaillé. » Wilhelm Jensen (Histoires d’aberrations)

4 réflexions sur “Propos de jouvencelle

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