L’Art de la révérence

 »-. Belle lectrice, sans vouloir paraître me parer à vos yeux de tous les talents, surtout quand ils sont mineurs, je ne voudrais pas que vous pensiez qu’il est facile de faire une belle révérence. Il y faut de la grâce et certes elle est plus facile aux dames qu’aux gentilshommes. Pour la raison que, lorsqu’elles plongent, le vertugadin s’évasant joliment autour d’elles comme les corolles d’une fleur, peut masquer, s’il est nécessaire, le mouvement maladroit des jambes. Néanmoins, même chez les dames, il demande aussi un apprentissage, et surtout un bon aplomb, car elle deviendrait la risée de toute la Cour si, une fois déployée à terre, elle ne pouvait plus se relever.

On peut, avec tout le respect du monde, saluer un duc et un prince sans introduire dans ce salut la moindre expression d’estime et de soumission. C’est de cette façon que je salue Monsieur le frère du roi, depuis qu’il a tâché de me faire assassiner. Je salue Madame la duchesse de Chevreuse avec une extrême froideur, et elle me rend mon salut avec la plus visible détestation. En revanche, je salue son époux, Monsieur le duc de Chevreuse, en toute affection pour ce qu’il est d’un bon naturel… et aussi parce qu’il est mon demi-frère. Affection qu’il me rend, de reste, et qu’il me témoigne en répondant à ma révérence par une forte embrassade.’‘Robert Merle (La Gloire et les Périls)

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