La petite orpheline

 »-. J’ai passé mon enfance en Afrique noire, dans une ample villa à colonnes où les domestiques tentaient de nous protéger de la canicule par des stores et des ventilateurs en ne parvenant qu’à fabriquer de l’ombre chaude. Je suis née là-bas, au Congo, le fleuron de l’empire colonial belge. Mon père était venu enseigner la littérature à la bourgeoisie blanche de Kinshasa, avait rencontré une jeune fille riche dans les salons de la bonne société, s’en était épris et avait obtenu, quoiqu’il n’eût pas de fortune, seulement de la culture, de l’épouser.

Ovale 50x70cm « Portrait de Lily Jeanne », vendu

Ma venue au monde a provoqué le départ de ma mère qui mourut des suites de l’accouchement. Je ne connais d’elle qu’une photo sépia posée sur le piano dont elle avait joué, désormais fermé, impérial et silencieux. Une photo qui a pâli trop vite, où, dès mon adolescence, je ne distinguais plus rien qu’un élégant 👻 crayeux. Mon père fut l’autre 👻 de mon enfance. Soit qu’il m’en voulût d’avoir causé le départ de sa femme, soit qu’il me méprisât, il ne se montrait ni présent, ni attentif. Riche de la dot de ma mère, il dépensa l’argent à acheter des milliers de volumes, afin de s’enfermer dans la bibliothèque et de n’en sortir que pour ses cours.’‘ Éric-Emmanuel Schmitt (La Rêveuse D’Ostende)

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