Treize à la douzaine

 »-. J’ai eu treize enfants, mâles ou femelles. On dit que ce nombre de treize porte malheur, moi, je ne m’en suis pas aperçu. Il ne nous en est pas mort un seul, ce qui est une chose rare et quasi extraordinaire. Mais, nés robustes, et nourris au milieu des bois, ils étaient à l’abri des maladies qui courent les villes et les bourgs, où l’on est trop tassé.

Si je dis que j’ai eu tant de drôles, ce n’est pas pour me vanter, il n’y a pas de quoi, car les hommes ne souffrent pas trop pour les avoir, c’est les pauvres femmes qui en ont tout le mal, et aussi la peine de les élever. La mienne avait vingt ans quand nous nous sommes mariés, et de là en avant, jusque vers cinquante ans, elle n’a cessé d’en avoir un entre les bras, qu’elle posait à terre lorsque l’autre arrivait. Je dirais franchement que, sur la fin, j’en avais un peu perdu le compte, car un soir je m’amusais à les nombrer, et je n’en trouvais que onze. -. Et Jeannette, qui est mariée au loin, est-ce qu’elle est bâtarde ? -. C’est ma foi vrai, je n’y pensais plus, mais ça ne fait toujours que douze-. Alors elle alla prendre dans le lit le petit dernier. -. Et celui-là, donc, tu ne connais pas ?. Ah, le pauvre, je l’oubliais !-‘ Eugène LeRoy (Jacquou le Croquant)

40x40cm « L’Ours Cannelle », vendu

2 réflexions sur “Treize à la douzaine

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