Le vin d’Anjou

 »-. Sur un plan quotidien, trois influences conditionnent la population mâle du village, le noah, le vin d’Anjou et le muscadet, trois vins blancs très alertes et dont les effets sont divers. Julien fut conçu au vin d’Anjou. Au retour d’une réunion amicale des anciens du régiment, le père Legris fit subir à son épouse un traitement si gaillard que la suite était prévisible. Pourtant, lorsqu’il apprit, un mois plus tard, que son coup de sang aurait des prolongements, il en ressentit une grande amertume. L’aînée des filles était déjà mariée… Les camarades et les voisins allaient faire des gorges chaudes.

Le père noya son déplaisir dans le noah. C’est dire que la vie foetale de Julien fut agitée. Mais les scènes de violence assorties de sournois coups bas sur la personne de la mère de famille n’obtinrent pas le résultat escompté. L’enfant continua son bonhomme de chemin et, à l’aube de l’année nouvelle, un gros garçon ponctua d’un vagissement victorieux son entrée dans le monde. Ce fut le seul cri de victoire qu’il eût l’occasion de pousser. Du moins, les fées démunies qui se penchèrent sur son berceau lui firent-elles don d’un grand capital de résignation. » Paul Guimard (Rue du Havre)

3 réflexions sur “Le vin d’Anjou

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