Quatre-vingt-sept printemps

 »-. Habituée à travailler depuis sa plus petite enfance, Mathilde n’arrivait toujours pas, à quatre-vingt-sept ans, à rester plus d’une heure sans rien faire. Mais parce que les tâches pénibles lui étaient interdites depuis des années, elle occupait son temps en tricotant. Aucun point n’avait de secret pour elle, et c’est à deux ou quatre aiguilles qu’elle se lançait dans la confection de vestes, pulls, chaussettes, gants et moufles. Depuis longtemps, ses enfants, petits-enfants et même arrière-petits-enfants étaient, grâce à elle, pourvus pour de nombreux hivers.

Outre cette occupation, elle ne manquait pas non plus, deux fois par jour, d’aller ramasser les oeufs de la douzaine de 🐔 qu’elle possédait toujours, et de nourrir les quelques 🐰 qu’elle s’entêtait à élever. Mais l’époque où elle engraissait deux porcs, avait de quinze à vingt oies et 🦆, et travaillait aussi son potager était révolue. Tous les mercredis matins, Mathilde ne manquait jamais d’aller faire ses emplettes dès qu’elle entendait le klaxon de l’épicier ambulant. Mathilde estimait qu’il était de son devoir de lui acheter quelques menus produits, histoire de le remercier de venir aussi fidèlement, et par tous les temps, proposer sa marchandise à tous les vieux du village. » Claude Michelet (La terre des Vialhe)

50x60cm « Ah qu’il est beau mon potager !« 

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