Sainte-Néomaye, pour le meilleur et pour le pire

Le 🏰 avait perdu, au cours des siècles, son rôle de refuge et d’oppresseur. Il avait autrefois réuni les habitants de Saint- Néomaye par ces fonctions ambivalentes, il devenait à présent sujet de querelles et de dissensions, depuis un an il avait été acheté, et non reçu en héritage, par le baron Godet de la Ribouillerie. L’unanimité était loin d’être totale, ces disputes et ces criailleries formaient aussi le tissu social du village, tout comme les brouilles de mitoyenneté, les contestations sur le bornage d’une terre. Deux familles restaient en chamaille depuis la génération précédente, à cause d’un poirier écorcé à vif par une 🐐, et qui n’avait plus donné par la suite la moindre récolte de 🍐 aigrelettes.

On oubliait, à ces chicanes inconsistantes, la cassure de haine et de sang ouverte par les guerres de religion, dans la communauté villageoise, avec leur suites d’intolérances, d’excès et de persécutions. Désormais, les tenants de chaque religion vivaient en bonne intelligence à Sainte-Néomaye. Seule, la mort les séparaient encore, tout en les laissant proches. Protestants et catholiques n’entraient pas au cimetière par la même porte, le curé bénissait en haut, le pasteur officiait en bas, mais les défunts reposaient dans la même terre. » Michelle Clément-Mainard (La foire aux mules)

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