La nostalgie de la Pâque

 »-. On disait que, très jeune, elle s’était enfuie du domicile paternel avec son amant. Elle était juive, lui chrétien, et l’opinion publique avait été bouleversée. Elena avait abjuré le judaïsme et, baptisée, puis reniée par sa famille, elle avait épousé son officier.

. Je ne peux pas vivre sans mon passé– disait Elena-. Je le sais maintenant. Je me suis convertie, mais je me souviens sans cesse des vieux rites dans la 🏠 de mes parents. Il y avait la bénédiction après les repas et, le vendredi soir, les doigts transparents de ma mère au-dessus des étoupes qui brûlaient dans l’huile. Une palme balancée, du cédrat parfumé, des lumignons allumés dans un plat de cuivre, du plus petit au plus grand… Et puis il y avait la Pâque. Alors on chassait les miettes de 🍞 dans tous les coins de la 🏠 et dans les poches des vêtements. La miche cédait la place à la galette sans levain. Elle commémorait l’exode, lorsque les Juifs s’enfuirent d’Egypte sans avoir eu le temps de faire lever leur 🍞. Au dîner, mon père, sa calotte sur la tête, chantait en hébreu. On brûlait des herbes amères. On buvait quatre coupes de vin et on ouvrait la porte : pour quelqu’un qui devait venir, quelqu’un de bon, d’heureux. De grand…- » Liliane Guignabodet (Natalia)

30x40cm  »La petite cuisine de Christine », galerie La meilleure façon d’habiter

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