Sur le chemin de l’exode

 »-. Ils finirent quand même par arriver à Jéricho, malgré leur équipage de fortune. Partout où ils passaient, on les enviait, car ceux qui, à l’heure actuelle, possédaient encore une carriole et deux boeufs pouvaient se ranger parmi les bénis de la terre. La plupart des réfugiés jordaniens faisaient tout le chemin à pied, chargés comme des ânes, de sacs et de colis variés. Certains n’emmenaient presque rien, car lorsqu’ils quittèrent leurs foyers, les ordres israéliens avaient été péremptoires, ne prendre avec soi que ce que l’on peut porter ! Que pouvait bien transporter un vieillard obligé de marcher avec une canne ?

Ils se limitèrent donc au strict nécessaire , un ou deux bidons d’eau, un paquet de farine, une casserole attachée à la ceinture. Et chacun emmenait ses trésors personnels. Pour l’un, c’était un coussin brodé de dessins multicolores, pour une vieille femme qu’ils avaient vue assise par terre au bord de la route, c’était un carillon, un petit coucou, cadeau, racontait-elle à qui voulait l’entendre, d’un touriste reconnaissant parce qu’elle avait posé près de vieilles pierres pour son album de souvenirs. Un jeune homme traînait partout avec lui une trompette cabossée, il la portait sur l’épaule, comme un fusil. De temps en temps, il soufflait un peu, pour bien s’assurer qu’elle n’avait pas souffert de l’exode et avait gardé sa sonorité originale. » Heinz Konsalik (Amour et sable chaud)

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