Sur les flancs de la Sierra Madre

 »-. La plupart des paysans sont des Indiens Otomis, noirauds, courtauds, trapus, au visage simiesque et laid ombragé par un chapeau de paille crasseux. En culotte courte et sale, ou en pyjama blanc, le buste couvert de la sarape, une sorte d’étole bigarrée, ils voient passer sans surprise, sans amitié et sans haine, de leur regard morne et triste, les voitures luxueuses des civilisés, des riches. Eux qui regagnent en ployant sous leur fardeau quelque humble hutte de la montagne, sans électricité, sans eau, sans lit et peut-être même sans chaise.

Pourtant ces pauvres hères semblent hospitaliers et sympathiques. Sans doute souffrent-ils trop pour être méchants. Par contre, l’afflux des opulents gringos a rendu bien voleur le peuple des bourgades et des étapes où s’arrête habituellement le touriste. Il ne nous aura fallu que trois jours pour apprendre à nos dépens que la plupart des commerçants, des gosses des rues et des nombreux badauds sont d’aimables filous. Ils nous volent avec le sourire, une parfaite impudeur, l’aplomb superbe de gens qui n’ont rien à perdre. Et la conscience pure de pauvres types convaincus de leur bon droit. » J. C. Berrier

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