La maladie noire

 »-. Il ouvrit la porte de sa 🏠. C’Ă©tait le 15 septembre 1664, il s’en souviendrait toute sa vie. Dans la boutique vide et silencieuse rĂŽdait une odeur fade et Ă©coeurante, mĂȘlĂ©e Ă  celle de la morue et de la cannelle. Mathieu la flaira comme un 🐕 inquiet. Il appela sa femme. – Marie ! Marie !- . Sa voix tremblait. Le souffle court, il s’Ă©lança dans l’escalier et s’arrĂȘta, terrifiĂ©. Sa femme Ă©tait Ă©tendue sur le palier, le visage gris et barbouillĂ© de vomissures. Dans ses jupes, deux enfants, dĂ©jĂ  semblables Ă  des poupĂ©es de cire. Ils venaient d’ĂȘtre terrassĂ©s par la maladie noire, dont on rendait responsable un â›” mal enfumĂ© Ă  son retour des Ăźles. Mathieu se pencha sur eux, n’osa pas les toucher, se demanda s’il fallait appeler le mĂ©decin ou le curĂ©, et sortit dans la rue pour demander le secours des voisins.

Le lendemain, on enterra Marie Carbec et ses deux enfants. Un homme de la Maison de la Ville traça Ă  la chaux une croix sur la porte de la boutique de Mathieu. EnfermĂ© chez lui, Mathieu Carbec se soĂ»la Ă  grands coups d’eau-de-vie et jura le nom de Dieu. Huit jours plus tard, on le revit sur le pas de sa porte, dĂ©grisĂ© et se rappelant qu’il lui restait un troisiĂšme fils, Jean-Marie, mis en nourrice et ĂągĂ© de quelques mois. » Bernard Simiot (Ces messieurs de Saint-Malo)

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