À Pondichéry

 »-. Frédéric resta six mois à Pondichéry, le temps d’acheter les marchandises du retour et d’attendre la nouvelle mousson. Il observait de près les procédés mis en oeuvre pour obtenir les étoffes dont la souplesse et les coloris bouleversaient les femmes d’Occident. Les pieces étaient exécutées dans une multitude de petits ateliers. Tissus de soie, de coton, ou d’autres fibres végétales, Frédéric aurait été incapable de retenir les noms étranges de leur variété infinie.

Tandis que les tisserands étaient dispersés dans les villages environnants, les teinturiers et les peintres se regroupaient autour de Pondichéry, où les toiles étaient entreposées. Pour leur donner un blanc éclatant et les préparer à recevoir et fixer les couleurs, les teinturiers les faisaient bouillir dans des décoctions, les battaient, les ponçaient, les trempaient dans la fiente de 🐐. L’heure des peintres était arrivée. Avec virtuosité, ils dessinaient des pavots,🌷, grenades, anémones, oeillets, roses, pivoines, magnolias. Toute la flore de l’Inde exubérante. Du bout de leurs doigts safranés jaillissaient des jardins fabuleux, aux fleurs énormes, taches de couleurs où la patience orientale piquetait d’imperceptibles nervures et de minuscules pistils qu’on eût dit tracés avec une plume de colibri. » Bernard Simiot (Ces messieurs de Saint-Malo)

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