La maladie noble

 »-. Un après-midi de mars, parce que le printemps courait dans les nuages, le comte se rendit chez Yves Le Coz. Le capitaine le reçut sans bonne humeur. Enfoui dans un fauteuil, la jambe droite allongée sur un tabouret, il souffrait de la goutte. -. Restez où vous êtes. Nous savons, nous autres gens de la noblesse, combien cette maladie est douloureuse-. Pourquoi donc le savez-vous ?-. Parce qu’elle n’atteint que les gentilhommes, je n’ai jamais vu un roturier goutteux.Vous devez avoir raison. Avant d’avoir reçu ma charge de conseiller secrétaire du roi, je n’avais jamais mal. Aïe !-

-. La goutte, Monsieur, est une maladie noble, vous devez la supporter avec noblesse-. Monsieur le comte, si la goutte n’atteint que la noblesse, je vois bien que la ruine n’atteint jamais la bourgeoisie. Vous parlez de vos affaires malheureuses avec une indifférence que nous ne comprendrons jamais. -. C’est que nous autres, gens de la haute noblesse, nous dépensons d’abord, et nous trouvons l’argent après. Vous autres, vous ne songez qu’à entasser des écus. Quand on a de la race, les écus finissent toujours par arriver.’‘ Bernard Simiot (Ces messieurs de Saint-Malo)

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