A quoi tient le charme ?

 »-. L’avantage de Marthe sur Julia n’était pas sa jeunesse, ni même la régularité de ses traits, ce visage fin comme une épure, avec ses yeux verts, aigus et qui regardaient droit. C’était plutôt le charme du silence, cette soumission contredite à chaque instant par des mouvements qui lui échappaient, les plus humbles en général, et les plus familiers. Une façon de tirer l’aiguille qui n’appartenait qu’à elle, jamais penchée, jamais voûtée sur l’ouvrage.

Et cette grâce aussi, chaque fois qu’elle se courbait, le dos de Marthe s’arrondissait en douceur, sans ployer, avec légèreté, comme si aucun effort ne dût jamais lui coûter. C’était le même détachement pour remonter un seau du puits que pour tendre une assiette de lait à un 🐈 errant, nettoyer un rosier, au pied de la tonnelle, dont elle détachait une à une les corolles flétries. Elle s’appliquait sans ostentation, elle bougeait comme on glisse, l’oeil à ces mille petits riens du jardin et de la 🏡, un ourlet à reprendre, un cuivre à polir. On aurait dit une connivence ancienne entre Marthe et les choses, et les choses le lui rendaient bien. » Irène Frain (Secret de famille)

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