La Reine laide

 »-. Il la vit. Il bégaya. -. Madame… Je...-. Les historiens qui ont souvent raconté cette rencontre affirment que le roi fut sur le point de se jeter hors de la pièce. Le sentiment du destin difficile de l’Europe le retint. Il reprit alors un peu de sang-froid devant cette femme qui, loin d’être ce qu’avait peint Holbein, était un chef-d’œuvre de laideur quasi-monstrueuse. C’est à l’historien Paul Rival qu’il convient d’emprunter la description qu’il a faite du physique de la pauvre fiancée. -. Deux petits yeux sans flamme, sans mystère. Un large nez débordant et ballant, se relevait du bout. La bouche s’en allait au hasard. Les joues pendaient, se perdaient sans contours sous les dentelles de la coiffe. La peau, trouée de variole, restait terne, sans un reflet. Quelques mèches jaunes, échappées des dentelles, frisottaient sur le front terreux-.

30×40 cm  »Miss Aquarelle »

Henry sentit la sueur lui glisser sur le front. Il se retint de crier à la trahison. -. Je ferai pendre ce maudit peintre !- . Pourtant, Holbein n’avait pas menti dans son art. Tout simplement, il avait ajouté une magie extraordinaire à un modèle qui en était totalement dépourvu. » Pierre Berger (Henry VIII ou les amours de Barbe-Bleue)

2 réflexions sur “La Reine laide

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s