Quand le poète célèbre la Femme

 »-. En fait, le paillard courtisait tout ce qui portait jupon et, malgré son aspect peu engageant, sa réputation et son réel talent de poète lui ouvraient parfois de bien surprenantes portes. Il faut avouer aussi qu’il prenait tout ce qui s’offrait comme don du ciel. Qu’elles soient jouvencelles ou douairières, riches ou pauvres, belles ou laides, toutes les femmes trouvaient grâce à ses yeux de poète affamé de bonne chair.- Elle a le teint clair, le cheveu blond, et le dessin de sa bouche est si ferme qu’on voudrait comme pomme au verger. Il y a autour d’elle des parfums à nuls autres pareils…-

Soudain il sursauta et désigna une femme qui sortait à grands pas des communs du 🏰-. Regardez, c’est elle ! Ah, chevalier ! Quelle allure décidée ! N’est-elle point gironde, cette jouvencelle-là ?-. Ça, pour sûr, elle l’est !-. La jouvencelle en question était, en fait, une lourde créature aux imposantes mamelles, dont les cheveux filasses et mal peignés débordaient d’une coiffe crasseuse. Quant aux parfums qui chaviraient le poète, il sembla au chevalier qu’ils n’étaient autres que ceux des ragoûts qu’elle mitonnait probablement dans les cuisines du 🏰. » Viviane Moore (Jaune sable)

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