Dans l’atelier de Tania

 ». L’appartement la déçut, c’était un atelier, une immense enfilade de pièces, toutes percées d’immenses verrières, qui donnaient sur une cour aux murs noircis. On les introduisit dans l’atelier. Tania ne les entendit pas entrer. Elle était toute entière à sa toile. Elle avait dû oublier le rendez-vous, elle ne s’était pas changée. Elle était debout, en blouse de travail, devant son chevalet, le pinceau à la ✋. Elle s’acharnait sur un petit détail, une longue flamme, semblait-il, une longue traînée rouge sur le bas du tableau.

30x40cm  » La Reine de la barbouille », galerie Z ‘Artistes

Marthe eut à peine un regard pour la toile. Elle était fascinée par ce bout de langue qui passait la bouche fardée de Tania Bronski. Le rouge à lèvre avait débordé, coloré ses incisives. Sous la lumière un peu crue de la verrière, son maquillage paraissait déplacé, elle donnait l’impression d’une gamine mal grimée. Ses cheveux coupés court découvraient des épaules un peu grasses. Elle était plus grande que son fiancé, plus âgée aussi, elle approchait de la trentaine. Son corps était magnifique, mais un peu lourd. Et elle sourit. Ce fut peut-être son sourire, le large sourire de Tania, qui conquit Marthe dans la seconde. La joie éclaboussait tout, quand Tania souriait. La joie, comme une fragilité. » Irène Frain (Secret de famille)

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