Un chemin tracé de cailloux blancs

 »-. Je crois pourtant qu’il est des êtres, dès la première enfance, fascinés par le Verbe écrit, et très tôt doués d’une faculté de dédoublement qui fait qu’ils se regardèrent vivre. Sujets à mémoire précoce, observateurs, avides de s’emparer de tout. Le mémorisateur est bien Petit Poucet qui jette des cailloux sur la route pour pouvoir retrouver son chemin. Il ne s’avance pas dans les bois en courant, en cueillant des fraises, comme ses frères simplement heureux de vivre. Eux ne sont conscients d’aucun danger. Et lui, Dieu sait pourquoi, sent qu’il est nécessaire de retrouver le chemin de la 🏡 paternelle. Il a besoin de sécurité, d’un sol solide sous ses pieds, de points de repère.

Il est celui qui est frappé par la beauté d’un objet, d’un visage, tombe en arrêt, un instant et cela suffit pour créer la distance. Le dédoublement. Il ne possède que ce dont il s’est emparé au moyen de l’image consciente. Il ne pourra vivre qu’en devenant lui-même un créateur d’images. Il ne perdra jamais son enfance, il en sait trop long, il a gardé pour la vie la vulnérabilité, l’ubiquité, la démesure de la première enfance. Il lui faudra trouver les moyens de les adapter à une conscience adulte.’‘ Zoé Oldenburg

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