Dans la cité médiévale

 »-. Les rues étaient encombrées de charrettes estropiées, de vieux tonneaux et de tas de fumier juteux. Des commères, assises sur les trappes de leur cave, bavardaient entre elles et saluaient les passants, d’un sourire approprié à la condition sociale de chacun.

50x60cm « Donjons et châteaux« , vendu, galerie La meilleure façon d’habiter

Dame Blanche marchait à côté d’Alexandre Mirette et inspectait les étalages d’un œil critique. On s’arrêta chez le boulanger pour acheter un gros 🍞 de deux deniers, puis, à la grande boucherie proche du Châtelet, dont les tables ployaient sous le poids des viandes de 🐷, de 🐮 et de 🐑. Le marchand de volailles vendit à Dame Blanche quelques canards au plumage lustré et l’apothicaire de l’anis, de la gomme adragante qui rafraîchit, du fenouil, et de l’ellébore qui facilite la digestion. Les marchands criaient leurs marchandises. Les commères se bousculaient autour des tréteaux, comme des 🐜 sur la tête d’un 🐰 crevé. L’air sentait la venaison, le vin, les suées intimes et les épices. Alexandre humait cette odeur de mangeaille à pleins poumons. Et une joyeuse sauvagerie se réveillait en lui à l’aspect de ce peuple de femelles actives et bavardes. C’était comme le besoin de violences et de rapines, le besoin de redevenir lui-même, d’endosser le vêtement de ses vieux défauts. » Henri Troyat (Les ailes du 😈)

2 réflexions sur “Dans la cité médiévale

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s