À Venise, sont les églises… et les sacristains

 »-. À San Sebastiano, le sacristain est vraiment propriétaire de son église. Il ouvre quand il lui plaît. Le plus souvent, il se promène dans le quartier et va faire la conversation au barbier, au marchand de fruits, au livreur déchargeant sa barque pleine de caisses de soda. On va l’y chercher et il vous jure qu’il accourt subito. Il arrive enfin, sort ses clés, ouvre la porte et distribue des miroirs pour qu’on puisse admirer, en eux reflétées, les fresques du plafond. C’est Monsieur Véronèse soi-même, ce sacristain. Il porte une blouse d’instituteur 1920. Que n’a-t-il un pinceau derrière l’oreille !

40x50cm « Santa Maria della Salute », acrylique et collages, d’après Walter Sickert, galerie Faussaire

Ainsi, chaque sacristain a son peintre privilégié dont il est le gardien. À San Sebastiano, c’est Véronèse. À San Zaccaria, Bellini. A San Pantaléon, Fumiani, dont une gigantesque toile peinte couvre la voûte. D’où la fierté du sacristain qui veille sur, dit-il, la plus grande peinture du monde. 1640m2, dit-il. Un record, hein ? Fumiani, c’est le champion du pinceau. Je n’ose pas lui parler du Paradis, du Tintoret, au Palais Ducal, dont l’immensité éberlue le regard. Je ne peux pas le désespérer. » Jean Cau (Croquis de mémoire)

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