La Provence de Jean Giono

 »-. Et je crois que j’ai découvert pourquoi beaucoup d’adolescents de ma génération passèrent par une période d’adoration de Jean Giono. Nous étions souvent très proches de nos origines paysannes et parfois même enracinés dans celles-ci. Mais nous faisions nos études à la ville où nos familles avaient émigré, et nous nous trouvions, de ce fait, entre deux mondes. Celui, le monde de la ville, vers lequel nos études allaient fatalement nous conduire, et celui, le monde du village et de la terre, dont nous allions fatalement nous éloigner.

40x40cm « Regain »

Dans ce moment, entre avenir et nostalgie, dans ce mitan, dans cet instant sensible de balance, nous découvrions le Jean Giono de Colline, Jean le Bleu, Un de Baumugnes, Le Chant du monde, Que ma joie demeure, etc. J’ai tout lu, même son théâtre. Et cette littérature nous chantait les épopées de nos familles, transformait en colossales bergeries les travaux et les jours de nos ancêtres, magnifiait les prises de la terre, les labourait à grands coups de style. Célébrait des passés transfigurés. Et cette littérature nous invitait à nous souvenir de sauvageries et d’innocences, de complicité avec les torrents et les 🌲, de 🐑, de vents, de solitude. » Jean Cau (Croquis de mémoire)

5 réflexions sur “La Provence de Jean Giono

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