Dans l’arène

 »-. L’exigence du public me révoltait, comme si je m’étais moi-même avancé vers la mort. Que voulaient-ils donc, eux, qui étaient à l’abri des gradins, que voulaient-ils pour leur 💰 ? Du sang versé ? Pour ajouter à mon émotion, Manuel lui-même se mit à suivre, la cape à la hanche, hochant la tête pour prendre à témoin on ne savait quel Dieu de l’injustice et de la méchanceté de la foule.

50x50cm « Olé !« , galerie Bestiaire

Le ♉ ne comprenait pas, lui non plus. Un spasme tressaillant le faisait uriner. Il tournait le frontal vers la huée, les yeux aveugles, sa 👅 blanchâtre et noire dehors, puis d’un coup de tête, il relevait la banderille, lui causant à chaque fois une souffrance inexplicable. Le sang coula plus fort. -. Il est déjà mort !-. Ne te dépêche pas, attends !-. Mais, bien qu’il eût perdu beaucoup de sang, le ♉ restait dur, vivace, retranché. C’était une de ces bêtes qui, ne s’élançant plus, interdisent à l’espada tout espoir de briller, d’effectuer son travail de muleta. Et qui, devenant de plus en plus dangereuses, immobiles, peuvent réserver jusqu’à ce qu’elles chancellent le crochet, le coup de corne sec et fatal. » Joseph Peyré (Sang et lumière)

2 réflexions sur “Dans l’arène

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